L’égalité des sexes reste loin d’être atteinte.

Chaque année, le 8 mars, le monde entier souligne la Journée internationale des femmes. C’est l’occasion de célébrer la force, le leadership et les réalisations des femmes et des filles; mais aussi de réfléchir à l’équité et à l’égalité dans nos propres collectivités. Ici, aux Territoires du Nord-Ouest, cette journée nous rappelle que les droits des femmes ne sont pas seulement des aspirations. Ce sont des droits de la personne protégés par la loi.

En effet, aux Territoires du Nord-Ouest, l’égalité est protégée par la Loi sur les droits de la personne, qui affirme que chaque personne a le droit d’être traitée avec dignité et respect. Elle protège contre la discrimination fondée sur le sexe, l’identité de genre, la grossesse, la situation familiale, l’état matrimonial, le handicap, la race, l’âge, la religion et d’autres motifs. Pour les femmes et les filles, ces protections revêtent une importance toute particulière.

Malheureusement, les lois ne garantissent pas l’égalité. Les Ténoises continuent d’être victimes de discrimination et de violence. Beaucoup d’entre elles ont du mal à trouver un logement sûr et abordable. Certaines doivent quitter leur collectivité pour avoir accès à des soins médicaux, notamment pour accoucher. D’autres sont victimes de harcèlement sexuel au travail ou fournissent des soins non rémunérés à domicile.

Les attitudes négatives et les stéréotypes sont néfastes. Considérer que les femmes ont moins de valeur que les hommes, qu’elles sont moins intelligentes, ou que leur importance se résume à leur apparence, crée des obstacles supplémentaires. En raison de ces stéréotypes, les femmes et les filles souffrent davantage de maladies mentales, ont une moins bonne estime d’elles-mêmes et sont moins satisfaites de leur corps.

Quand les filles commencent à croire que ces attitudes négatives et ces stéréotypes sont vrais, elles peuvent accorder plus d’importance à leur apparence qu’à d’autres qualités comme la gentillesse, l’empathie ou l’intelligence. Elles peuvent en venir à ignorer leurs propres désirs et besoins et commencer à se percevoir elles-mêmes comme des objets du désir des autres. Ces idées nuisent à leur estime d’elles-mêmes et les exposent davantage au harcèlement sexuel et à la violence sexuelle.

Les statistiques de la Fondation canadienne des femmes sont troublantes :

  • Les filles et les jeunes femmes âgées de 15 à 17 ans sont deux fois plus susceptibles d’être hospitalisées pour des problèmes de santé mentale.
  • Les filles sont 4,6 fois plus souvent agressées par un membre de la famille que les garçons.
  • 26 % des filles autochtones subissent une agression sexuelle avant l’âge de 15 ans.
  • Une étude a révélé que l’objectification sexuelle des femmes dans l’univers de la musique est passée de 6 ou 7 % des chansons dans les années 1960 à 31 % dans les années 2000.
  • Une autre étude a révélé que les publicités dans les magazines destinés aux adolescentes objectivent et sexualisent les femmes 64 % du temps, un taux plus élevé que dans les magazines destinés aux femmes adultes (56 %).

La Journée internationale des femmes ne consiste pas à souligner les problèmes. Elle vise à célébrer les contributions des femmes à la société. Partout aux Territoires du Nord-Ouest, les femmes occupent des postes de direction dans les domaines de l’administration publique, des affaires, de l’éducation et de la culture. Elles sont aînées, enseignantes, travailleuses de la santé et entrepreneures. Leur travail renforce les liens familiaux et communautaires. Le succès des femmes profite à tout le monde. C’est pourquoi il est important de lutter pour l’égalité des droits des filles et des femmes.

Les femmes contribuent à la vie des collectivités en travaillant ainsi qu’en prenant soin des enfants et du foyer, mais elles se heurtent à davantage d’obstacles pour faire valoir leurs droits, disposent de moins de ressources et sont moins en mesure de prendre des décisions touchant leur propre vie. Pourtant, lorsque les droits des femmes sont respectés, celles-ci sont en meilleure santé, mieux éduquées et mieux rémunérées. Et ainsi, les enfants et les collectivités s’épanouissent.

Or, célébration doit rimer avec action. Les hommes doivent prendre leurs responsabilités et partager l’espace, les salles de classe, les pouvoirs décisionnels avec les femmes au travail, à la maison et au gouvernement. Ils doivent dénoncer les attitudes et les comportements délétères de leurs pairs. Ils doivent faire de la place aux femmes dans les secteurs traditionnellement dominés par les hommes. Ils doivent inclure les femmes dans les processus décisionnels lorsque leur vie et leurs moyens de subsistance sont en jeu.

Les collectivités doivent prendre conscience des responsabilités et des droits de la personne communs à tous. Soutenons les femmes qui dénoncent les traitements injustes. Remettons en question les stéréotypes néfastes et enseignons aux jeunes le respect et le consentement. L’égalité ne progresse que lorsque des citoyens ordinaires décident que la discrimination est inacceptable.