Les jeunes Autochtones sont l’avenir du Nord

Juin est le Mois national de l’histoire autochtone. C’est l’occasion de mettre en valeur les cultures, les langues et les réalisations des peuples autochtones. C’est aussi un moment pour réfléchir à l’avenir qui, aux Territoires du Nord-Ouest, repose en grande partie sur les jeunes.

Les Territoires du Nord-Ouest comptent l’une des populations où la moyenne d’âge est la moins élevée au Canada, avec un âge moyen de 37,3 ans. Dans plusieurs de nos petites collectivités, la population est encore plus jeune. En effet, plus du tiers des résidents des Territoires du Nord‑Ouest ont 24 ans ou moins. Lorsqu’il est question d’égalité et de droits de la personne, nous devons tenir compte des possibilités qui s’offrent à la prochaine génération.

Les droits de la personne sont souvent abordés dans des contextes qui concernent principalement les adultes, comme le travail, la location d’un logement ou l’accès aux services publics. Pourtant, l’égalité doit commencer bien avant. Les enfants devraient grandir en sachant qu’ils auront les mêmes possibilités, peu importe leur origine, leur genre ou leur âge. Cette réalité est particulièrement importante pour les jeunes Autochtones, qui continuent de se heurter à davantage d’obstacles que les autres jeunes Canadiens.

Selon Statistique Canada, un nombre croissant d’adolescents et d’adolescentes autochtones obtiennent leur diplôme d’études secondaires. C’est une nouvelle encourageante. Toutefois, des écarts persistent entre eux et les jeunes non autochtones sur le plan de la réussite scolaire. De nombreux élèves autochtones continuent de composer avec des défis liés à la pauvreté, à la pénurie de logements, à l’insécurité alimentaire et aux effets persistants des politiques coloniales.

Aux Territoires du Nord-Ouest, ces défis peuvent être encore plus importants. Les jeunes qui vivent dans les petites collectivités et les collectivités éloignées ne bénéficient pas toujours des mêmes possibilités que ceux des grands centres. De récents rapports du gouvernement des Territoires du Nord-Ouest font encore état d’écarts dans les résultats scolaires entre les petites collectivités et les grands centres régionaux. Cela nous rappelle que l’égalité ne consiste pas simplement à traiter tout le monde de la même façon. Elle consiste à faire en sorte que tout le monde a une chance égale de réussir.

Imaginons deux élèves qui rêvent de devenir infirmières. L’une dispose d’une connexion Internet fiable, d’une chambre à elle et d’un accès facile au tutorat et à l’orientation professionnelle. L’autre doit composer avec une connexion Internet lente, partager sa chambre avec ses frères et sœurs, a un accès limité aux services de soutien après l’école et doit quitter sa collectivité pour poursuivre ses études. Les deux élèves peuvent fournir les mêmes efforts, mais l’une d’elles doit surmonter davantage d’obstacles pour atteindre son objectif.

Les droits de la personne visent à éliminer ces obstacles. L’éducation fait partie de la solution, tout comme l’emploi.

Selon des recherches du fédéral fondées sur les données du recensement, les Autochtones continuent d’afficher des taux d’emploi inférieurs à ceux de la population canadienne non autochtone, même lorsqu’ils possèdent un niveau de scolarité comparable. Autrement dit, l’obtention d’un diplôme ou d’un certificat ne se traduit pas toujours par des possibilités égales.

Lorsque les jeunes travaillent fort, acquièrent des compétences et contribuent à leur collectivité, ils méritent une chance juste de réussir. Les possibilités qui s’offrent à eux ne devraient pas dépendre de leur origine, de leur culture ou de l’endroit où ils vivent.

Partout dans le Nord, les jeunes Autochtones ouvrent la voie. Ils contribuent à la revitalisation des langues autochtones et à la protection des terres et des eaux. Ils lancent des entreprises, terminent des études postsecondaires et servent de modèles aux générations qui les suivent. Chaque jour, ils démontrent que l’avenir du Nord est prometteur.

Nous avons la responsabilité de créer les conditions qui permettront à ces adolescents et adolescentes de réussir.

Il faut pour cela offrir des écoles accessibles, mieux soutenir les élèves qui n’ont pas accès aux services offerts dans les grands centres, assurer l’accès à des services de santé mentale dans les collectivités, créer des possibilités d’emploi partout sur le territoire et faire une place aux jeunes dans les décisions qui influencent leur vie.

Le Mois national de l’histoire autochtone est l’occasion d’honorer le passé. C’est aussi l’occasion de préparer l’avenir.

La prochaine génération de leaders autochtones est déjà parmi nous. Ces jeunes méritent les mêmes occasions, le même respect et les mêmes chances de réussir que tous les autres jeunes du Canada. Nous devons donc nous attaquer aux obstacles systémiques qui entravent leur réussite.

L’égalité ne consiste pas seulement à se souvenir de l’histoire; elle consiste aussi à bâtir un avenir où chaque jeune des Territoires du Nord-Ouest peut réaliser tout son potentiel.

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