L’accessibilité à l’école

Quand on parle d’accessibilité, on pense principalement aux rampes, aux ascenseurs ou aux portes automatiques. Tous ces éléments ont leur importance, mais ils ne constituent qu’une partie de l’accessibilité. La véritable accessibilité, c’est de s’assurer que chacun puisse participer aux cours, apprendre et trouver sa place. Ainsi, dans nos écoles, il faut regarder au-delà des obstacles physiques et s’assurer que tous les enfants ont accès à une éducation digne de ce nom.

L’éducation est un droit pour tous. Elle ne doit pas dépendre du fait qu’un enfant est en mesure d’entendre, de traiter l’information rapidement, de tolérer un environnement bruyant ou de communiquer de la même façon que les autres élèves. Rendre une classe accessible ne passe pas nécessairement par des travaux majeurs ou l’achat d’équipement onéreux. Bien souvent, ce sont les petits changements qui améliorent l’accessibilité. Pour déterminer les obstacles à éliminer, il est essentiel de bien communiquer et de bien se comprendre.

Il faut simplement que les élèves comprennent l’information qui leur est fournie. Pour ce faire, la diversité des supports pédagogiques permet aux élèves d’utiliser celui qui leur convient sans qu’ils se sentent différents. Par exemple, les enseignants peuvent donner les instructions à l’oral tout en les écrivant au tableau et en fournissant des copies papier. En effet, les exemples visuels, les diagrammes et les démonstrations peuvent se révéler utiles pour les élèves qui apprennent différemment. Ces stratégies peuvent également aider les élèves qui apprennent l’anglais, ceux qui ont manqué des cours ou ceux qui ont tout simplement besoin d’un rappel.

Par ailleurs, la technologie peut améliorer la communication. Les vidéos accompagnées de sous-titres bénéficient aux élèves sourds ou malentendants, mais également à ceux qui ont de la difficulté à entendre dans un environnement bruyant. Les sous-titres peuvent également appuyer l’apprentissage d’une langue et de l’orthographe. Aussi, les documents numériques compatibles avec les lecteurs d’écran, les polices lisibles et un bon contraste des couleurs facilitent l’utilisation des documents d’apprentissage pour tous.

L’environnement de la classe a également son importance. Certains élèves peinent à se concentrer en raison du bruit constant, de l’éclairage très lumineux au plafond ou des murs visuellement trop chargés. On peut aider ces élèves à rester concentrés sans déranger l’apprentissage des autres en aménageant un coin tranquille, en désencombrant l’espace ou en permettant l’utilisation de casques à réduction de bruit.

L’accessibilité, c’est aussi reconnaître que les élèves participent de différentes façons aux activités. Certains sont à l’aise de s’exprimer devant la classe, tandis que d’autres communiquent mieux par écrit, dans de petits groupes ou par l’intermédiaire de projets créatifs. En proposant aux élèves différentes manières de montrer ce qu’ils ont appris, on ne baisse pas le niveau; au contraire, on donne à chaque élève l’occasion de réussir.

Il peut également être utile de rendre les salles de classe plus rassurantes et le déroulement des activités plus prévisibles pour éviter du stress aux élèves, notamment en affichant l’horaire de la journée, en prévenant en cas de changement au déroulement des activités et en découpant les devoirs importants en plus petites tâches. Ces techniques sont particulièrement utiles pour les élèves présentant des difficultés d’apprentissage ou atteints d’autisme, de TDAH ou d’anxiété, mais elles facilitent en définitive les choses pour tout le monde.

La mesure la plus importante que vous pouvez prendre est peut-être la plus facile : demandez aux élèves ce dont ils ont besoin. Les personnes aux prises avec des difficultés sont celles qui les comprennent le mieux. Une conversation avec un élève peut donner lieu à une solution simple à laquelle un adulte n’aurait jamais pensé. L’écoute est une forme de respect, et elle contribue à créer un environnement scolaire où les élèves se sentent entendus.

L’accessibilité ne doit jamais dépendre du diagnostic officiel de l’élève. De nombreux élèves sont aux prises avec des difficultés passagères ou difficiles à percevoir. Une commotion cérébrale, des difficultés de santé mentale ou même une situation personnelle difficile à la maison peuvent toutes avoir des conséquences sur l’apprentissage d’un élève. Si, dès le départ, les salles de classe étaient mieux adaptées aux besoins des élèves, ils seraient moins nombreux à devoir demander des aménagements particuliers par la suite.

Cela est particulièrement important aux Territoires du Nord-Ouest, où les salles de classe sont souvent petites, diverses et profondément liées à la communauté. Les enseignants font ce qu’ils peuvent avec les moyens dont ils disposent, mais l’accessibilité n’est pas l’unique responsabilité des éducateurs. Elle nécessite le soutien des écoles, des administrations scolaires et des gouvernements qui doivent reconnaître que l’inclusion est un élément essentiel d’une éducation de qualité, et ne pas la considérer comme une option.

L’accessibilité ne signifie pas qu’on donne la priorité à certains élèves. Il s’agit plutôt d’éliminer les obstacles inutiles pour que chaque élève bénéficie des mêmes chances d’apprentissage. Voilà à quoi ressemble l’équité.

Si nous considérons véritablement l’éducation comme un droit humain, alors l’accessibilité ne doit pas s’arrêter aux portes de l’école. Elle doit être prise en compte dans chaque politique, chaque établissement, chaque terrain de jeu, chaque excursion scolaire, chaque activité scolaire et chaque salle de classe. Parfois, les plus grands changements commencent par de petits ajustements, qui peuvent mener à la réussite de chaque élève.